Cérémonie d'ouverture

PROGRAMME DE LA CEREMONIE D'OUVERTURE DES ETATS GENERAUX DE LA JEUNESSE AFRICAINE DE BRUXELLES EGJA

Lieu: Université Libre Internationale (ULI) Rue Defacqz n°1 à 1000-Bruxelles. Date: Samedi 03 avril 2010 de 10h30 à 12h.

8h 00Présence des membres
9h 30Accueil des invités
10h 15Entrée dans la salle
10h 30Mot d'accueil du comité de pilotage des EGJA
10h 35Prestation d'un artiste invité
10h 45Discours inaugural du comité de pilotage des EGJA
10h 55Discours du recteur de l'Université Libre Internationale
11h 00Discours du ministre à la jeunesse (Communauté flamande) Mr Pascal Smet ou son représentant?
11h 10Déclamation d'un poème
11h 20Discours de la ministre à la jeunesse (Communauté française) Mme Evelyne Huytebroeck ou son représentant?
11h 30Témoignage au nom de toutes les familles victimes du phénomène de bandes
11h 40Mot d'un couple de jeunes)
11h 50Dévoilement du programme des EGJA
11h 55Ouverture officielle et symbolique des EGJA
12h 00Animation finale par l'artiste invité + drink


Discours d’ouverture des EGJA.

Madame La Ministre,
Monsieur Le Ministre,
Mesdames, Messieurs les Députés,
Mesdames, Messieurs les Echevins,
Monsieur Le Délégué aux Droits de l’Enfant,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Distingués Invités

Au nom du Comité de Pilotage des Etats Généraux et au nom de la Conscience Africaine, mouvement de sensibilisation de la composante africaine de Bruxelles, Nous vous souhaitons la bienvenue à la cérémonie d’ouverture solennelle des Etats Généraux de la Jeunesse Africaine de Bruxelles – E.G.J.A en sigle.

Avant même d’aborder notre propos, nous tenons à vous remercier, vous et tous ceux qui ont montré de l’intérêt à notre démarche. D’autant que cette dernière ne manquera pas, au travers de son contenu, d’apporter un mieux-être à l’ensemble des Bruxellois, au-delà de notre propre composante.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

Nous retenons de François MITTERAND, homme d’Etat français, la sentence suivante : « Même si la Jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la maltraite et la méconnaît a toujours tort ».

Loin de transposer telle quelle, chez nous, la situation déplorée en d’autres temps et en d’autres lieux par l’ancien Chef de l’Etat français face à la Jeunesse de son pays, force est, hélas, de reconnaître qu’aujourd’hui et ici même un constat similaire s’impose.

A partir des signes fort inquiétants qui nous sont parvenus l’an passé surtout et les années antérieures de la part des Jeunes de la composante africaine de Bruxelles, nous avons été amené à conclure, sans risque de nous tromper, qu’il règne ici aussi une impression de malaise, un sentiment de mal-être.

La violence semble être devenue le mode privilégié de dialogue entre jeunes de la composante africaine ou entre ceux-ci et ceux des autres communautés. Rien que pour l’année 2009, cinq familles africaines ont été brutalement endeuillées sans compter pour d’autres les hospitalisations d’urgence ou des procédures judiciaires d’urgence.

Face à ce nouveau phénomène social dans Bruxelles, des réactions diverses sont à relever. Pour une certaine presse, l’occasion était trop belle pour pousser à la stigmatisation facile, en mettant l’accent sur les tristes exploits et l’origine ethnique de leurs auteurs. Du côté de l’autorité publique, en dehors du sujet vedette d’insécurité, la nouvelle réalité tarde à inspirer surtout que les priorités paraissent focalisées ailleurs, sans doute pour faire l’économie de nouvelles initiatives. Au niveau des familles, les parents et les aînés montrent des signes de dépassement mêlé de stupéfaction ou de gêne.

Et les jeunes eux-mêmes alors ?

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

En approchant les Jeunes de la composante africaine pour discuter de leur situation, nous nous sommes aperçu que bon nombre d’entre eux sont loin d’être des fauteurs de troubles ou de sympathisants de groupes de délinquants. D’ailleurs, la plupart des victimes des actes de violence évoqués plus haut n’étaient pas du tout des caïds ni des membres de quelques organisations marginales.

Parmi nos jeunes, il y a des talents de toutes sortes dans tous les domaines honorables. Personne ne s’efforce de parler d’eux. L’accent est plutôt mis sur la petite minorité marginale avec pour effet pervers de laisser planer des doutes sur l’ensemble. Bien sûr, le train qui arrive à l’heure n’est jamais susceptible de faire un titre sensationnel de rubrique de presse. De même, parler de nos jeunes qui sont constructifs serait un péché capital contre la pesanteur médiatique d’une certaine presse. C’est un choix qui a sa contrepartie dans le ressenti du public.

Sans pour autant chercher à excuser les uns ni à condamner péremptoirement les autres, nous avons, à maintes reprises, tenté de cerner les contours de la question du sort de la Jeunesse africaine de Bruxelles sans idées préconçues ni a priori préjudiciable. Nous en sommes ainsi arrivé à proposer la tenue des Etats Généraux de la Jeunesse Africaine de Bruxelles, en sigle, E.G.J.A.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

Bruxelles, Capitale de la Belgique, Capitale de l’Europe, n’a pas de banlieue comme en ont quelques autres capitales du continent. Autant dire qu’elle est multiculturelle car sa population est faite de diverses communautés qui doivent partager, bon gré, mal gré, le même espace.

Si rien n’est fait pour que ses règles de fonctionnement s’adaptent à sa multiculturalité, celle-ci sera un handicap aux conséquences de plus en plus imprévisibles.

Si par contre une justice sociale objective convainc les uns et les autres qu’ils ont les mêmes chances de faire face aux impératifs vitaux des grandes villes, cette multiculturalité sera un atout enviable.

Nous sommes nés d'Afrique et nos parents sont venus d'Afrique, Bruxelles nous a accueilli et nous nous sommes enrichis au contact des autres composantes. Les défis du logement, de la mobilité, de l'emploi, de l'éducation, de la sécurité, de la santé auxquels Bruxelles est confrontée en tant que ville multiculturelle sont les mêmes défis auxquels la composante africaine est confrontée en tant qu'entité de Bruxelles. Faire face à ces défis en y apportant des réponses appropriées à notre composante et dans le respect de la diversité culturelle propre à Bruxelles est de notre responsabilité, de la responsabilité des filles et fils de cette composante Africaine. Nous pensons que cela est possible, à condition d'exister, à condition de nous structurer autour de ce qui nous réunit tous et fait notre fierté, notre amour pour Bruxelles et notre double richesse culturelle. Plus que jamais, nous, africains de Bruxelles avons besoin de nous regarder en face, de nous organiser structurellement. Nous avons besoin de susciter et pourquoi pas de créer un nouveau souffle qui favorisera au sein de la jeunesse Africaine une autre façon de vivre Bruxelles. Nous avons besoin de réapprendre à nous faire confiance et cela passe par l'émergence d'un nouveau leadership responsable et porteur d'une vision basée sur la recherche de notre intérêt commun, seul moyen d'apporter notre plus value à Bruxelles et de lui rendre ce qu'elle nous a tant donné, une nouvelle existence, une nouvelle jeunesse Africaine.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

« Il ne sert à rien de descendre tôt au fleuve avec une cruche si c’est pour la ramener à moitié remplie. » Proverbe Pende. De nombreuses questions ont été soulevées, à l’occasion, par les faits de violence soulignés auparavant. Elles recouvrent plusieurs disciplines scientifiques et appellent des réponses bien pensées. Dans un premier temps, nous avons jugé utile de les aborder sous trois thèmes qui correspondent aux trois commissions des Etats Généraux :

- Histoire et Culture ;
- Famille et Education et enfin
- Jeunesse et Citoyenneté.

La perte ou l’absence de repères identitaires se traduit peut-être par des prédispositions à la violence que tout le monde déplore. Par la Commission Histoire et Culture, des efforts seront faits pour redonner à tout un chacun le sentiment de fierté et d’estime de soi nécessaire à l’épanouissement des individus. « Si tu ne sais où tu vas, regardes au moins d’où tu viens », dit un autre proverbe africain.

La rue ne peut pas remplacer la famille. Si celle-ci est désarmée pour cause de précarité sociale ou de discorde parentale, il n’ y pas de miracle à attendre des jeunes qui en sortiront. La Commission Famille et Education s’attardera sur les conditions de perte d’autorité parentale, le décrochage scolaire, le dialogue intergénérationnel au sein des familles, la transmission de mémoire et sans doute aussi la troublante question de prévention des maternités précoces.

La Jeunesse Africaine de Bruxelles n’accepte pas subir les contrecoups des dispositions arrêtées ailleurs pour elle mais sans elle. Par la Commission Jeunesse et Citoyenneté, elle espère faire entendre sa voix pour que jamais rien ne fasse encore sans elle. Sans faux-fuyant, l’embarrassante question de la discrimination à l’emploi sera soulevée afin de donner des pistes possibles de solution. Une de ces dernières s’appesantira sur la facilitation des crédits à l’entreprenariat.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

Sans désemparer, le Comité de Pilotage des Etats généraux, autrement dit le Comité Préparatoire, a mis un peu plus de quatre mois de travail d’arrache-pied n’épargnant ni les contacts individuels ni les séances de travail dans certains bureaux de Bruxelles pour concrétiser in fine la tenue des Etats Généraux. A chacune et à chacun des membres du Comité de Pilotage, nous disons merci et bravo pour votre ténacité.

De nombreuses personnes physiques ou morales ont appuyé sans arrière-pensées ce projet indépendant des Etats Généraux. Nous pensons en premier lieu à la Fondation Roi Baudouin sans laquelle le moment que nous partageons présentement ne serait peut-être plus jamais arrivé. Nous lui sommes reconnaissant de son soutien moral et financier et lui adressons ici déjà nos profonds remerciements. Nous ne pourrons pas taire non plus la contribution matérielle non négligeable de l’ONG « L’Internationale de l’Education » qui n’a pas hésité à nous livrer d’indispensables fournitures de bureau. Le Mouvement de la Conscience Africaine et le GRAF – Groupe de Réflexions sur l’Afrique – ont mis à contribution leurs expertises en matière d’encadrement de la jeunesse ainsi que des conseils divers pour faciliter la réalisation du projet. A eux aussi, nous disons merci !

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

Plus jamais sans nous ! Tel semble être le défi soule vé par le Comité de Pilotage en écho aux vœux de la plupart des jeunes africains de Bruxelles auxquels on n’a pas rendu la reconnaissance honnête de leur citoyenneté. En menant à sa matérialisation les Etats Généraux, le Comité de Pilotage espère et souhaite de tous cœurs que désormais, la participation citoyenne de la composante africaine soit prise en compte dans tout débat qui concerne la bonne marche de notre patrimoine commun : Bruxelles.

Les questions qui ne seront pas abordées par les Etats Généraux ou les réponses qui ne donneront pas satisfaction doivent inciter d’autres initiatives indépendantes à prendre le relais pour rassurer notre composante et les autres communautés de Bruxelles. Il serait regrettable que des prête-noms ou des sous-fifres s’en saisissent pour le compte d’autrui comme ils affectionnent de le faire. On peut emprisonner le corps, on ne peut pas emprisonner la liberté de penser !

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités

Il serait fastidieux de remercier nommément tous ceux et toutes celles qui ont soutenu moralement, matériellement, financièrement le projet des Etats Généraux. Cependant, nous ne pouvons pas taire la contribution intellectuelle de Monsieur MBOMBO Mike qui a conçu le logo des Etats Généraux de la Jeunesse Africaine de Bruxelles.

Nous remercions de vive voix aussi M. Pierre MIGISHA, M.Béa DIALLO, tous deux Députés au Parlement Bruxellois, pour avoir consenti d’être un membre de soutien des Etats Généraux ainsi que M.Pierre KOMPANY, échevin à Ganshoren. Mme MANDAILA, Mme Fatoumata SIDIBE, P’TITO, M.Vincent LURQUIN pour leur présence à la cérémonie d’ouverture ; sans oublier le père Karel STUER, ancien Aumônier des Africains de Bruxelles et M.Bernard DEVOS, délégué général aux droits de l’enfant.

Aux délégués des Etats Généraux nous présentons nos vœux de plein succès

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités Merci de votre attention.

Allocution prononcée à Bruxelles, le 03/04/2010
Olivier KAYOMO
Coordonnateur du Comité de Pilotage